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Procès du «faux Le Drian»: le «roi de l’arnaque» franco-israélien Gilbert Chikli nie s’être fait passer pour le ministre

Le Libre Panzer
Démocratie Participative
12 février 2020

 

Un Français innocent est accusé de crimes qu’il n’a pas commis.

Le Figaro :

Le «roi de l’arnaque» passionne les foules. Ce lundi, une longue file d’attente s’était formée au sixième étage du tribunal de Paris pour assister au clou du procès du gang dit du «faux Le Drian»: l’interrogatoire de Gilbert Chikli, soupçonné d’être le cerveau d’une monumentale escroquerie. En 2015-2016, à l’aide de six complices aujourd’hui jugés à ses côtés, le Franco-Israélien aurait soutiré des dizaines de millions d’euros à plusieurs personnalités en usurpant l’identité de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. Le faux ministre demandait le plus souvent à ses interlocuteurs d’aider la France à payer une rançon pour des otages détenus en Syrie, et assurait qu’ils seraient remboursés dans la foulée.

Dans le box, Gilbert Chikli, aujourd’hui âgé de 54 ans, a nié avec la dernière énergie, un vrai sens du «show» – selon le terme de la procureure – et parfois une certaine agressivité, être l’instigateur de cette incroyable arnaque. Cette dernière a notamment coûté 6 millions d’euros à la propriétaire de la société Château Margaux, 20 millions d’euros à l’Aga Khan, chef spirituel de la communauté ismaélienne, et 50 millions d’euros à un homme d’affaires turc. D’autres personnalités ont aussi été approchées, parmi lesquelles le président gabonais Ali Bongo, le roi Philippe de Belgique, le PDG de LVMH Bernard Arnault, Nicolas Hulot, Mgr Philippe Barbarin…

Le « sens du show » est un trait culturel du peuple élu.

C’est aussi un peuple innocent.

De sa voix éraillée, très particulière, celui qui a écopé en 2015 de sept ans de prison pour «escroquerie en bande organisée» a fermement déclaré: «Je n’ai absolument rien à voir, ni de loin ni de près, avec tout ça. […] Vous n’avez pas instruit cette affaire, vous l’avez construite». Le quinquagénaire a affirmé qu’il connaissait les «protagonistes de cette affaire» mais qu’«il ne fallait pas compter sur [lui] pour essayer de ramener ces personnes devant la justice française». Il a par ailleurs refusé de répondre lorsque la présidente lui a demandé si avant son arrestation en Ukraine, en août 2017, il cherchait à commettre une escroquerie au… «faux prince Albert» de Monaco. Avant de finalement ajouter: «Il ne s’est rien passé en Ukraine».

La voix de Gilbert Chikli, justement, a fait l’objet d’intenses débats lors de l’audience de ce lundi après-midi. Malgré l’opposition du prévenu et de son avocat, le tribunal a écouté une dizaine d’enregistrements de conversations entre un des escrocs et ses cibles. Avec un aplomb extraordinaire, l’homme au téléphone – que Gilbert Chikli nie être – suggère à la directrice financière de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Landes de repousser ses vacances, enjoint le préfet de la Drôme d’écrire à un chef d’entreprise pour remercier ce dernier de sa participation, demande à l’Aga Khan de lui préciser combien d’argent il a envoyé «car on ne peut pas rembourser quelque chose que vous n’avez pas payé»…

La 13e chambre a également consacré une large partie de l’après-midi aux différentes expertises de voix se basant sur ces mêmes conversations. «Les quatre expertises émettent la même hypothèse ; il existe une probabilité élevée qu’il s’agisse de Gilbert Chilki», a souligné Me Delphine Meillet, l’avocate de Jean-Yves Le Drian et de quatre de ses anciens collaborateurs – tous absents au procès. De son côté, la défense du prévenu a fermement contesté ces analyses, qui «n’apportent pas de certitude», selon Me Stéphane Sebag. «Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? [Les experts] se trompent. Je ne crois pas à ces techniques», a renchéri Gilbert Chikli. «Aujourd’hui, je suis mal barré; il suffit d’avoir une voix grave comme moi ou de se faire passer pour moi, puis de faire toutes les escroqueries, et ensuite de dire ‘c’est Gilbert’? C’est un peu trop facile!»

Il faut croire les juifs sur parole : ils ne mentent jamais.